Stationner n’est pas jouer

Par Julien Roturier

TortueAh, Tournus. Qu’est-ce qu’on n’entend pas dire sur ton pauvre petit centre-ville tout encombré. Et on entend de tout, d’ailleurs : pas assez de zones piétonnes, trop de zones piétonnes, nécessité de rouvrir le passage Cadot en déplaçant le cinéma, absurdité de rouvrir le passage Cadot… Mais s’il est bien une chose qui met tout le monde d’accord, c’est que stationner à Tournus, ce n’est pas simple.

Bon, pour moi qui viens d’une « grande ville », c’est sûr, ça prête à sourire. Essayer de stationner en centre-ville à Dijon, c’est un vrai parcours du combattant. Je me rappellerai longtemps la fois où j’ai mis moins longtemps à faire Lons-le-Saunier – Dijon par l’autoroute qu’à trouver une place gratuite à l’arrivée. Il me semble quand même qu’à Tournus, des places gratuites, on n’en manque pas. Ce que j’admets sans difficulté, néanmoins, c’est que plus la ville est petite et plus les distances semblent énormes. Faire 5 km à pied dans Paris ne me gêne pas le moins du monde mais il faudrait me payer très cher pour seulement aller jusqu’à Lacrost par le même mode de déplacement. Paradoxe de l’Homme urbain ? Possible.

C’est dit, il y a des places un peu partout à 300 m de la rue de la République : un parisien se jetterai dessus mais un tournusien les boude, parce que 300 m dans une ville qui fait 2 000 m du nord au sud, c’est beaucoup. (C’est une estimation toute personnelle : ne m’en veuillez pas, je vous prie, si jamais Tournus s’avérait faire 2 300 m, voire 3 km, soyons fous.)

Voilà donc l’Eldorado de l’autochtone motorisé : la place à moins de 15 m du café, de la banque ou du Vival. À plus de 15 m, elle n’est plus digne d’intérêt. Ceci explique pourquoi nombre de nos concitoyens font brillamment semblant de ne pas voir les grosses bandes jaunes devant l’agence CIC, censées interdire même un simple arrêt, si d’aventure il faut faire un créneau un poil plus bas.

Ce que je m’explique beaucoup moins, c’est pourquoi l’autochtone susmentionné, puisqu’il sait à quel point LA place à moins de 15 m est une denrée rare, peut faire preuve d’autant d’égoïsme face au « problème » du stationnement.

Je m’explique : chaque jour, je vois des conductrices et conducteurs, de tous âges et conditions sociales, se garer comme des branquignols. Et le mot est faible. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai assisté, impuissant, à l’arrivée d’une voiture en plein sur LE SEUL passage piéton de la rue de la Rep’, ni les fois où tel ou tel véhicule se retrouve tellement mal garé qu’il prend deux, et parfois trois places pour les plus longs. C’est – en théorie – pour remédier à ce genre de comportement incivil que l’on a inventé la ligne blanche, qui délimite les places pour que chacun soit bien chez soi.

Bien des fois, donc, j’ai regretté amèrement de ne pas avoir une petite carte toute imprimée avec un mot gentil mais ferme qui aurait invité les malpolis ou maladroits à faire plus attention une prochaine fois. (Pourtant, je ne suis pas conducteur moi-même ; néanmoins, ça me semble être une simple marque de civilité et de respect d’autrui.) Mais voilà : un anonyme a répondu à ma prière en créant la carte parfaite. Pas vulgaire, pas agressive, humoristique et ludique. Je me fais donc un plaisir de la joindre au présent article.Tortue a colorier stationnement

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