Tombé dans le panneau

Par Julien Roturier

 julien-roturierLa semaine dernière, je vous parlais du stationnement à Tournus. Et si je continue dans cette voie carrossable, on va finir par croire que je ne fais que me plaindre. Ce qui est faux : je suis à peine amer et un rien sarcastique – ce qui me vaut parfois en société le surnom de l’amer des sarcasmes. (Ne m’en veuillez pas trop : si je ne fais pas un minimum de calembours douteux, ma femme risque de ne plus me reconnaître.)

Alors commençons donc par une brève introduction laudative. Je félicite la mairie pour les travaux réalisés pour mettre en sécurité les piétons le long de l’avenue de la gare (dont le nom m’échappe, mauvais tournusien que je suis) avec, enfin, un parking digne de ce nom devant le restaurant Les Remparts et une plus grande facilité à prendre un train sans risquer sa vie, grâce à un judicieux rond-point. Enfin, « sens giratoire », aurait dit mon moniteur d’auto-école. Restons précis, que diable. Voilà une bonne chose de faite.

Reste, à mon humble avis, quelques menus progrès à faire pour mes concitoyens non motorisés. Vivant rue de l’hôpital, à l’entrée d’une « zone de rencontre », je peste quotidiennement (et surtout nuitamment) contre les indélicats qui s’enfilent dans ma rue comme une cartouche de calibre 12 sort du fusil d’un chasseur. Comprenez par-là : bien trop vite. Or cette zone de rencontre, qui concerne presque tout le centre-ville, n’est pas limité à 50 km/h, ni même à 30, mais à 20. L’allure du joggeur dominical, en somme. Cette zone était jusqu’à récemment délimitée par un petit ralentisseur – je parle toujours de ma rue – qui a disparu un beau jour, sans que l’on ne sache trop pourquoi. Il avait tout de même l’apparent mérite de calmer les audacieux et me paraissait donc assez efficace. Mais voilà, pouf, plus de ralentisseur.

tombe-dans-le-panneau         Que nous reste-t-il alors ? Un gros panneau d’information, collé contre le mur de l’hôtel-Dieu – musée Greuze. Ah certes, il est gros. Mais il est aussi tellement surchargé d’informations que la plus importante, à savoir la limitation de vitesse, est réduite à peau de chagrin. J’ai des CD plus gros dans ma discothèque, alors que leur rôle est nettement moins important pour la sécurité des promeneurs. En clair, j’ai l’impression que personne ne voit ces panneaux, qui ressemblent bien trop à des informations touristiques avec leur jolie photo de Tournus et le logo de la ville qui en mangent les trois quarts. J’ignore s’il faut faire là un parallèle avec le nombre assez élevé d’opticiens pour la petite cité qui est la nôtre : trop de nos concitoyens auraient-ils besoin de lunettes ? Si oui, ne pourrions-nous pas envisager de leur faciliter la vie en rendant plus lisibles ces indications ? Car bon, franchement, compter sur la prudence naturelle de l’automobiliste, c’est être un peu optimiste.

Aussi j’espère voir apparaître un jour des panneaux moins sympathiques, moins colorés et plus efficaces, au moins aussi gros et inratables que l’inconscience de ceux qui prennent la traversée du centre-ville de Tournus pour une épreuve qualificative du championnat du monde de rallye.

Allez, assez râlé pour aujourd’hui. Demain nous parlerons plutôt de la vie culturelle locale, avec une interview de Cédric Cortot, qui nous présentera le premier Marché des artistes locaux qu’il organise tout prochainement au Réfectoire des moines.

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