Mes respects, ma Générale

Chez les Guillon, l’optique est une affaire de famille. Désormais installé dans un fort grand local du centre commercial de Carrefour Market, c’est Nicolas, le « petit dernier arrivé » dans la partie, qui m’a reçu pour parler de son cursus, du déménagement récent, du centre-ville de Tournus et un peu, aussi, de la presse locale.

Le nouveau magasin Générale d'Optique, C.C. Carrefour Market à Tournus.

Le nouveau magasin Générale d’Optique, C.C. Carrefour Market à Tournus.

Les Guillon Père et Mère ont ouvert leur premier magasin d’optique, une enseigne Optic 2000, place de l’hôtel de ville à Tournus il y a maintenant près de cinquante ans, en 1969 précisément. Leur fils Emmanuel a pris la suite en 2005, avec une entreprise dotée de deux enseignes : Optic 2000 toujours mais aussi, implantée bien plus tard, la Générale d’Optique de la rue de la République.

Nicolas, lui aussi élevé à l’air tournusien, a choisi pour sa part l’univers de l’énergie thermique en général et de la pétrochimie en particulier, domaines dans lesquels il a exercé de 1992 à 2004 à Paris, puis encore un an à Lyon. « J’en ai eu marre », m’a-t-il dit en introduction à sa reconversion tardive en opticien. « J’ai fait un BTS optique en alternance : mi-temps en entreprise et mi-temps en formation. » Après avoir quitté son ancien job, il se lance en s’associant à son frère, reprenant les commandes de la Générale d’Optique.

Aux questions habituelles, à savoir « avez-vous facilement trouvé votre place économique et sociale à Tournus ? », Nicolas nous répond tout d’abord :

NG : « Absolument. Dans un domaine comme dans l’autre. Les deux magasins familiaux ne sont pas directement concurrentiels puisqu’ils sont basés sur des gammes complémentaires : les lunettes accessibles d’une part (G.O.) et le milieu et haut de gamme d’autre part (O.2000). Seule une toute petite proportion des gammes offerte est commune aux deux enseignes [et fait la jonction, ndlr]. C’est donc surtout par les prix bas que la Générale d’Optique a fait sa place et apporté quelque chose de nouveau à Tournus. Enfin, la cohabitation avec Nemo optique, qui est là depuis longtemps, est du même ordre.

JR : — Qu’en est-il de votre récent déménagement ? En êtes-vous content, tant personnellement que professionnellement ?

NG : — Il s’est fait par opportunité. L’emplacement est excellent et surtout, nous voulions éviter de nous faire prendre de vitesse par un concurrent. Depuis l’ouverture, tant le flux de clients que les chiffres dépassent les prévisions, et nous avons ainsi déjà passé un contrat à mi-temps en temps complet. »

Un rayonnage du nouveau magasin.

Un rayonnage du nouveau magasin.

Je note pour moi-même que s’il est encore rare de voir de nouveaux emplois créés à Tournus, cet allongement du temps de travail est déjà un signe de vitalité positif. J’en viens ensuite aux questions posées par les clients et à leurs réactions à cette « délocalisation ».

NG : « Ce qu’on me demande le plus souvent c’est : ‘le centre, ça ne vous manque pas ?’. Personnellement, oui. J’aime la vie de quartier et, une fois Carrefour Market fermé, le centre commercial est désert en quelques minutes, contrairement au centre-ville. C’est donc une vie différente. Mais professionnellement, les retours sont excellents. D’une part, j’ai gardé la grande majorité de mes ‘anciens’ clients et, d’autre part, anciens comme nouveaux apprécient de pouvoir stationner facilement à toute heure. Les parkings de centre-ville ne répondent pas à la demande de proximité immédiate. »

Nicolas et moi-même faisons un aparté sur ce que j’appelle la « loi des 200 mètres ». Plus la ville est petite, plus les distances semblent grandes et, si on dépasse la barre fatidique des 200 mètres à parcourir à pied, on commence à en voir l’impact sur la fréquentation. « Et puis le système de gratuité les 30 premières minutes et ‘trop compliqué’ pour beaucoup de gens », poursuit-il. Et en effet, j’ai moi-même vu que pas mal de monde, touristes comme tournusiens, après avoir tenté vainement deux, trois fois d’utiliser le système, baisse les bras et paye — ou pas.

Stop-trottoir du JSL (Une du 24 fév. 2016).

Stop-trottoir du JSL (Une du 24 fév. 2016).

En guise de conclusion, j’en viens à la une du Journal de Saône-et-Loire local de la veille : « Trois magasins de lunettes à Tournus, est-ce trop ? », s’interroge le stop-trottoir. Nicolas m’explique brièvement que l’enseigne Optic 2000 sera sans doute, dans tous les cas, conservée en centre-ville car disposant d’une très bonne place et bénéficiant de l’effet « vie de quartier » mentionné plus haut. Enfin il me rassure, moi qui n’ai pas lu l’article la veille (bouh !) : le titre est sans grand rapport avec le contenu et c’est rassurant, dans la mesure où, Tournus comptant trois opticiens depuis près de vingt ans, il est un peu tard pour se demander s’ils ont tous leur raison d’être. Nicolas estime cependant que, s’il y a de la place pour trois, « il n’y en a sans doute pas pour quatre », énumérant ensuite les multiples enseignes concurrentes autour de Tournus. Et il y en a effectivement à foison…


 

Reste que le local du centre-ville, en parfait état, est désormais à louer. Vous pouvez contacter Nicolas par mail à ce propos, à : magasin.765@generale-optique.com — il vous décrira certainement mieux que moi les avantages et les équipements de ces 60 m² en plein cœur de Tournus.

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