Je vous salis, ma rue

Voilà ce qu’on pouvait encore trouver sur les murs des usines faisant face à la gare de Tournus il y a quelques semaines : des tags islamophobes et des runes celtiques. « Islam hors d’Europe », disait l’un des premiers, tandis que la croix de l’Ordre Nouveau et/ou du GUD lui faisait face.

Enfin, les runes sont plus faciles à dessiner que la croix gammée, semble-t-il : passage Potet, notre apprenti nazillon avait dû s’y reprendre à quatre fois pour mettre les pattes du sinistre emblème dans le bon sens. Je dis « notre apprenti » car son trait malhabile caractéristique prouve qu’une seule personne peut imposer ses idées à la face des murs d’une petite ville pendant plus de trois ans.

Refugees Welcome!

Refugees Welcome!

Mais c’était compter sans un coup de peinture citoyenne qui a barré de noir les affreux tags. (Acte municipal ou individuel ? Je l’ignore.) Ceux-ci ont en outre fait place à un charmant « Refugees welcome » d’un joli rouge. Non, je ne suis pas pour le vandalisme, même quand il milite pour la bonne cause. Mais quitte à subir les imparables tags de quartier de gare, j’aime autant qu’ils appellent à la tolérance qu’à la haine. Récemment disparu, le fort militant « On veut de l’oseille et du soleil » a un temps orné le coin de la rue de l’Haulte. Malgré le coup dur porté à la façade, je n’ai jamais pu m’empêcher de sourire à chacun de mes passages…

(Bon, maintenant, si chacun voulait bien ranger ses bombes de peintures et se contenter de ruminer sa bêtise ou de méditer sur ses idées positives d’avenir radieux dans le cercle privé, ça ferait des vacances à nos yeux et aux agents municipaux.)

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