Si t’aimes ta ville, écrase !

Ah non. Ce ne sera pas une diatribe vitriolée contre telle ou telle personnalité politique locale. Ce titre est à prendre au sens le plus propre possible, et remarquez comment, habilement, je place un second jeu de mots. Car il s’agira d’écraser des choses en ville pour rendre la ville plus propre.

Il y a une chose que je remarque souvent lors de mes balades citadines : c’est la façon, assez sérieuse, dont les résidents du centre trient leurs déchets. Une bonne mention « pas mal » pour Tournus — ou du moins « pas pire qu’ailleurs ». Il y aura toujours les mal informés, qui n’ont jamais eu la curiosité d’ouvrir les plaquettes explicatives ; les fatigués, qui estiment que bon, allez, une bouteille en verre ou deux dans ce sac de métaux et cartons, ça ne va tuer personne ; et puis, espèce heureusement plus rare, le « j’m’en-fous/j’ai-pas-l’temps » qui balance tout dans la poubelle à déchets ménagers pour éviter une sortie de sacs en plus.

Ceci étant posé, il y a un détail qui me chagrine chez les deux premières catégories. Ce détail, c’est le fait que presque personne (d’après ma très sérieuse étude sur contenus de sacs jaunes, qui dure depuis quatre ans et n’a pas coûté un sou à la collectivité) ne pense à compacter ses déchets.

Or trier, c’est bien mais trier et compacter, c’est mieux. Pour une excellente raison : les déchets recyclables (sauf les cartons entiers) sont, à Tournus, ramassés en camion-plateau, dépourvu de broyeur. Cela signifie, fort logiquement, que plus il y a de sacs par an et plus il faut de trajets en camion pour purger le centre de ses déchets. Un camion, ça roule au Diesel et ça pollue pas mal. Et des déchets non compactés, c’est plus de sacs par an et par foyer… et plus de camions.

Allez, un petit geste pour écraser la sale trogne de cette bouteille d’eau ! Passez vos nerfs sur ces boîtes de conserve qui l’ont bien mérité ! Écrasez-moi tout ça, là, pliez ces petits cartons et défoncez-moi ces briques de lait. C’est un exercice sain et salutaire, qui maintient la poigne ferme, le coup de latte sûr et qui fera peut-être gagner, par an, quelques allers-retours de camion-plateau à la Ville de Tournus. C’est moins d’impôts brûlés pour le contribuable — eh oui ! — et moins de CO2 dans l’atmosphère.

Photo d'illustration du domaine public par Prylarer (pixabay.com).

Photo d’illustration du domaine public par Prylarer (pixabay.com).

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