ITALA – broyage d’un commerçant dynamique

Assis sur un tonneau de poudre?

La discussion sur le futur du magasin Itala, récemment installé au ZA Pas Fleury, monte. Parmi tous les bruits, je me suis permis d’aller parler avec le propriétaire, Damien Douhay, pour apprendre ce qui s’est vraiment passé. Les engrenages restent un peu énigmatiques, mais je vais essayer de relayer ses mots.

Le local à côté de SEB est vide depuis un long moment, mais n’a jamais été mis en location. Le bâtiment appartient à la ville, mais c’est la Communauté de Communes qui a la compétence pour la gestion de la ZA Pas Fleury et donc aussi pour ce local.

Damien était intéressé pour ouvrir son concept store ici alors il a demandé aux voisins (SEB) à qui ça appartenait. SEB l’a envoyé à la ComCom, où il a parlé avec Elodie Thevenard, Agent de développement économique et touristique de la ComCom et Christoph Ravot, Vice-président de la ComCom. Ces deux interlocuteurs l’ ont aidé et c’est avec eux qu’il a convenu de signer un bail pour deux ans. Avec comme seul aléa que ça devait encore passer une commission, mais on lui a fait comprendre que il n’y aurait pas de soucis. Et en effet, il reçoit un bail officiel, signé par Catherine Gabrelle, la présidente de la ComCom. C’est parti!

Alors, le jeune commerçant a commencé à emménager son nouveau magasin, pour ouvrir le 12 décembre. À temps pour les fêtes. Pendant ses premières heures d’ouverture, M. Ravot vient le voir et lui demande de lui parler tranquillement. Il y a des clients dans le magasin, alors ils sortent dehors et Ravot lui dit qu’il y a un hic : il ne peut pas rester et doit quitter les locaux le 31 décembre. Ça a bien assis Damiens. Pourquoi doit-il partir? Ravot lui explique que son magasin ne rentre pas dans le but de la revitalisation du centre ville et en plus, le local n’est pas destiné à la vente.

Ses contre-arguments semblent valables. Il a un magasin (Milane Boutique) dans le centre qu’il compte garder, alors il ne quitte pas le centre. Et dans le même bâtiment on vend des appareils électroniques, chez SEB. Alors ‘pas destiné’ à la vente’ ne semble pas très logique.

De toute façon, quelques jours après, il reçoit une lettre recommandée qui dit bien que le bail est dénoncé et qu’il doit quitter les lieux.

La présidente Catherine Gabrelle, confrontée avec cette decision, dit que ce n’est pas la ComCom qui l’expulse, mais la ville. Maire de Tournus Bertrand Veau, sur Facebook, dit que la ville n’y est pour rien et que c’est la ComCom qui décide. En plus, Veau dit que la ville n’était même pas au courant. Ce qui semble étrange, sachant que Christophe Ravot n’est pas seulement Vice-président de la ComCom, mais aussi Adjoint Finances de la ville. Une poste proche du Maire. Alors ils ne se parlent pas?

Il y a plein de questions dans cette affaire. Je ne connais pas les réponses. Mais ayant rencontré le commerçant au milieu de tout ça, qui est dans une situation d’insécurité après de grands investissements et qui risque d’y perdre beaucoup d’argent, je dirai aux responsables de la ComCom et de la ville de bien s’occuper de ça, et de rapidement prendre une décision qui donnera la tranquillité au commerçant et se petite famille. Parce que des situations kafka-iennes comme ça, où un petit entrepreneur prend des risques et se voit broyer dans les engrenages des jeux politiques, ça ne marche pas du tout avec l’image d’une ville sympathique et à l’échelle humaine comme Tournus.

 

8 réflexions sur « ITALA – broyage d’un commerçant dynamique »

  1. Bertrand Veau

    Bonjour Gregor,

    Tout d’avord mes pensées vont en direction de Damien et Nadine, que j’ai rencontrés dès que j’ai pu (soit vendredi dernier) et pour lesquels je fais tout mon possible pour tenter de trouver une solution vers le haut. Moi même commerçant et ayant vécu des moments similaires, je sais ce qu’ils ressentent et cela me peine.

    Ensuite, je voudrais corriger certaines de tes affirmations :
    1/ non ce n’est pas la Ville qui a demandé l’expulsion de ce commerçant le 31/12/2018. Christophe RAVOT (a la fois adjoint à Tournus et vice-président à la comcom) n’a pas donné son accord pour ça. Cette décision a été prise par madame la Présidente seule.

    2/ Christophe Ravot a bien rencontré (1 fois) Damien. Il lui a bien dit qu’il fallait l’accord du conseil communautaire. Ce n’est pas lui qui a proposé le bail précaire de 2 mois, pas lui qui l’a signé, et pour cause : il était empêché pour des raisons personnelles à cette période. C’est lorsqu’il est rentré, 3 semaines plus tard, qu’il a découvert l’affaire. (Une fois que c’etait fait, donc)

    3/ Christophe Ravot n’est pas venu seul pour annoncer la mauvaise nouvelle. Il a accompagné madame la présidente, seule decisisonnaire pourtant. Mais Christophe est un homme d’honneur, qui ne se défile pas.

    A l’heure où j’ecris ces lignes, la présidente de la comcom n’a pas pris contact avec moi pour discuter de cette affaire. Je rappelle que juridiquement je n’ai aucun pouvoir sur ce local, bien qu’il appartienne à la Ville. Je regrette que de fausses informations soient diffusées à ce sujet.

    En conclusion, nous nous trouvons dans une situation regrettable. En toute humilité, je pense que si j’avais été consulté nous n’en serions pas là.

    Christophe RAVOT a tout mon soutien et toute ma confiance. Il n’a commis aucune erreur il est un adjoint précieux dans mon équipe.

    Pour avancer sereinement, il est primordial que ceux qui diffusent de fausses informations arrêtent de le faire. J’aimerais que tout le monde soit constructif.

    Merci

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    1. kr3k Auteur de l’article

      Bonjour, Bertrand, je ne fais que relayer ce que dit Damien, qui n’a pas vu la présidente de la ComCom le jour de l’ouverture, mais qui a bien été prévenu à ce jour par Ravot qu’il fallait qu’il referme le 31. Il a même précisé qu’il lui a fallu sortir du magasin pour ne pas parler devant quelques clients.

      Mme Gabrelle est venu faire des achats dans le magasin avec sa fille, samedi dernier. Sans d’ailleurs se présenter. C’est l’épouse de Damien qui l’a reconnu et demandé des clarifications. Et Gabrelle ait dit que la refermeture était une décision de la ville.

      Je ne m’y connais pas, mais faudrait que le ComCom et la ville se décide comment régler leurs affaires. Une réunion autour d’une grande table (avec de préférence une grosse théière rempli de thé au valériane) s’impose?

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    1. Touillon

      sacrée vassella !! ancien ou ancienne prof de français ? rien d’autre a dire au sujet de cette embrouille ? vous êtes fonctionnaire !!! lamentable de betise….la culture c’est comme la confiture moins on en a plus on l’étale…

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  2. Prudent

    Mais c’est dingue on marche sur la tête !
    Incroyable ! Bon courage à Nadine et à Damien ne lâchés rien.

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  3. Stéphanie

    Bon courage à ce commerçant, c’est inadmissible ce qu’il lui arrive.
    J’espère qu’une solution sera trouvé avant noël pour qu’il puisse passer les fêtes sereins.
    Surtout que pour nous la conjoncture est déjà pas facile.
    Je suis de tout coeur avec eux

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  4. LIMONET

    Je ne suis pas surpris de voir cette décision Ces personnes qui ne pensent qu’à elles qu’elles mentalités.
    Affaire à suivre Courage pour les commerçants qui vont de l’avant Ne pas céder.

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